QUELLE ÉDUCATION FINANCIÈRE POUR L’AFRIQUE?

On observe en Afrique des disparités en termes de développement économique et humain, tant d’un pays à un autre qu’au sein de chaque pays, et de nombreux pays du continent ont des taux de scolarisation relativement bas, des marchés du travail très peu structurés, des taux de pauvreté élevés de même que de faibles niveaux d’inclusion financière et de compétences financières.

En demandant des produits correspondant mieux à leurs besoins, les consommateurs formés nourrissent une demande de services financiers auprès des IMFs et/ou des banques et poussent les prestataires de services financiers à développer de nouveaux produits et services, renforçant ainsi la concurrence, l’innovation et la qualité. Le développement des solutions de transfert, voire de banque sur mobile, sur le continent africain participe de ce principe. Les consommateurs formés à la finance sont en outre mieux armés pour défendre leurs intérêts et signaler aux autorités d’éventuels manquements d’intermédiaires financiers, formels et informels. Ils peuvent en outre trouver dans les formations en éducation financière la solution à leur surendettement, acquis en zone informelle ou par méconnaissance ou déresponsabilisation.

Il apparaît que, dans la majorité des cas, les problèmes d’endettement émanent plus d’un manque de connaissances financières que d’une insuffisance de revenus. L’éducation financière promeut également l’entrepreneuriat à petite échelle qui contribue pour beaucoup aux revenus des ménages pauvres, ces derniers ne faisant souvent pas la distinction entre les finances du ménage de celles de l’entreprise. L’éducation financière peut ainsi promouvoir le développement d’entreprises individuelles (ou micro-entreprises), une meilleure gestion et le recours aux produits et services bancaires et financiers idoines.

Ces dernières années, les pouvoirs publics mais aussi les secteurs privé et associatif ont entrepris de mettre sur pied des programmes d’éducation financière dans plusieurs pays d’Afrique. Ces programmes visent habituellement à renforcer les connaissances et les compétences, à faire prendre conscience des enjeux financiers et à améliorer l’inclusion financière. Ils s’adressent généralement à des groupes vulnérables – personnes à faibles revenus, femmes et jeunes notamment – et l’éducation financière dispensée est parfois couplée à l’accès à des produits financiers.

En 2012, l’OCDE recensait ainsi des initiatives dans la plupart des pays d’Afrique australe et de l’Est, ainsi que dans quelques pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord (Burkina Faso, Egypte, Ghana, Mali, Maroc, Nigeria et Sénégal). Dans certains pays (Ghana, Kenya, Lesotho, Malawi, Namibie, Afrique du Sud, Tanzanie, Uganda, Zambie et Zimbabwe), le gouvernement, la banque centrale et les autres superviseurs sont impliqués dans le développement d’initiatives coordonnées au niveau national, tandis que dans beaucoup d’autres pays, les ONG et le secteur privé (les institutions financières : banques locales ou internationales, IMF, etc) sont à l’initiative. D’autres initiatives existent et se développent. En République démocratique du Congo, par exemple, la moitié des écoles sont privées, et l’éducation financière, aux côtés de la formation à l’entrepreneuriat et aux NTIC voudrait y être développée sous l’impulsion d’associations qui interviennent en accord avec le ministère de l’Éducation nationale.

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Auteure: Estelle BRACK

Estelle BRACK est Professeur à l’Université Paris II – Panthéon-Assas. Cet article est un extrait de sa publication sur Revue Banque

2 commentaires sur “QUELLE ÉDUCATION FINANCIÈRE POUR L’AFRIQUE?

  1. très intéressant. j’encourage l’effort et pronne le succès.. cet article m’a beaucoup intéressé.. juste que j’aimerai en temps qu’amatrice dans l’économie, savoir ce que signifie
    IMF est ce une banque ? si oui laquelle ??

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    1. Bonjour Lindsey Yougaing,
      Une IMF (Institution de Microfinance) n’est pas une banque même si elle pratique les mêmes activités qu’une banque.
      Une IMF fait généralement de la finance informelle ou semi-formelle
      La particularité des IMF est de servir les clients qui n’ont pas la possibilité d’être servis par les banques commerciales traditionnelles.
      Il s’agit alors des personnes pauvres et des personnes à bas revenus.

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