L’INCLUSION FINANCIÈRE : UN MAUVAIS DÉPART POUR LE CAMEROUN?!

D’après l’encyclopédie électronique Wikipédia, l’inclusion financière (ou finance inclusive) est l’offre de services financiers et bancaires de base à faible coût pour des consommateurs en difficultés et exclus des services traditionnels.  Selon la Banque Mondiale, elle définit la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à leurs besoins (transactions, paiements, épargne, crédit et assurance) proposés par des prestataires fiables et responsables.

L’accès à un compte d’opérations courantes constitue la première étape vers une inclusion financière entière, en ouvrant la voie au dépôt d’argent mais aussi à l’envoi et la réception de paiements. Comme un compte courant peut par ailleurs servir de tremplin vers d’autres services financiers, le Groupe de la Banque mondiale œuvre pour que chaque adulte y ait accès, partout dans le monde, à travers son initiative pour un accès universel aux services financiers à l’horizon 2020.

Il faut le dire cette ambition est louable et serait d’un grand apport pour l’Afrique. Il faudrait cependant se poser la question de savoir quels seraient les déterminants de l’inclusion financière. Qui doit être à l’origine de l’inclusion financière ? En effet, depuis plus de cinq ans déjà, nous pouvons remarquer dans tous les pays du monde, le déploiement des compagnies de téléphonie vers les services financiers  à  travers des innovations qui changent le quotidien des ménages et des entreprises. Plus que jamais le téléphone est présent dans notre quotidien. Près de six personnes sur dix utilisent des services financiers offerts par les compagnies de téléphonie.

Si l’inclusion financière semble bien marcher dans les pays développés et pays émergents, les raisons sont simples. Tout d’abord, les services financiers sont restés la priorité des banques, ensuite, le système bancaire traditionnel est bien structuré. Enfin, les institutions judiciaires ont une bonne éducation en matière de finance ainsi peuvent mieux anticiper par des lois, certains égarements.

Du coté des pays en développement en général et le Cameroun en particulier, le sens de l’impulsion est différent. L’inclusion financière apparait comme une innovation externe au système bancaire. S’il est vrai que les services financiers mis sur pied par les compagnies de téléphonie aident les consommateurs en facilitant les transactions, il faut reconnaître cette manière de faire tant qu’elle échappe aux institutions classique de la finance constitue une fuite monétaire et freine ainsi la création monétaire par les services de la dette. Ce qui affaiblit les canaux de transmission de la politique monétaire.

D’un autre coté, tant que l’inclusion financière sera en majorité considérée comme une innovation du secteur non bancaire, elle constituera donc un effet d’éviction pour les microfinances selon le principe de « grappes d’innovation de Schumpeter ». Une innovation en théorie détruit une partie des anciens emplois en créant d’autres. Dans le cas ici étudié, l’innovation se contente de détruire les anciens emplois sans toutefois en créer de nouveaux. La justification tient au fait que l’inclusion financière observée au Cameroun est en grande partie impulsée par les institutions non financières tels que les compagnies de téléphonie qui commencent à se réclamer le monopole de transfert de liquidité au détriment des institutions agrées par le ministère de l’économie. L’autre étant du domaine des postes et télécommunication.

Il faut dire le tort n’est pas à jeter aux compagnies de téléphonie dans un monde hautement capitaliste le recours au moindre gain est un droit et même une obligation. Alors si ces compagnies ont trouvé un environnement économique dans lequel les institutions non pas une assez bonne éducation en matière de finance, et où les institutions ne sont pas fortes, elles ne peuvent qu’engranger des profits au détriment de nos pays. Cependant, certains pays l’ont compris très tôt et ont pris des dispositions afin de contrôler leur monnaie et ainsi avoir la traçabilité c’est le cas de la Côte d’Ivoire qui a permis à certaines compagnies de téléphonie œuvrant dans le transfert des fonds de créer des banques à proprement parler ainsi, il s’agit de deux entités distinctes par leurs services quoi qu’appartenant à la même dénomination. Cette manière de procéder à des grands avantages en ce sens que la monnaie rentre dans un canal  contrôlé, il ya création d’emploi et de richesse pour le pays car l’entreprise est nouvelle donc elle va recruter et payer les impôts.

Dans le  contexte du Cameroun, les institutions concernées par secteur de l’économie doivent ainsi aller à bonne école et copier le cas de la Côte d’Ivoire en internalisant les innovations financières dans les secteur financier. Du point de vue de l’éthique, si les innovation financières ne sont pas internaliser dans les secteurs agrées, il se posera un problème de la traçabilité des opérations et ainsi une porte ouverte au commerce illicite et à l’économie souterraine. Un bon moyen de blanchiment d’argent.


Auteur: TOUK Moïse Alexis C; (Économiste et Co-Founder chez POLA CAPITAL)

 

 

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