DU CROWDFUNDING AU TIMEFUNDING : LE TEMPS C’EST DE L’ARGENT !

Le 7 Septembre 2017, je reçois, en inbox dans mon Whatsapp, un lien de mon amie Jessica EYA’ANE[1] me proposant de donner de mon TEMPS, et donc de mon EXPERTISE, en échange d’une contrepartie pour son projet d’Entreprise (Le Projet AKOUM – qui fait la promotion des produits Made in Cameroon). Voilà comment j’entends parler pour la première fois, dans ma vie, du « timefunding ». Assez séduit par le concept, je me propose alors d’étudier et d’analyser ce nouveau mode de financement (déguisé) où le premier apport des actionnaires c’est le TEMPS et surtout l’expertise.

I. UN APERÇU SUR LE CROWDFUNDING

1.1. Approche Définitionnelle

TIMEFUNDING

La Banque Mondiale (2010) classe l’accès au financement comme la deuxième contrainte à laquelle font face les entrepreneurs subsahariens lorsqu’ils veulent développer leurs activités juste après la contrainte énergétique. Ainsi, face à la frilosité des banques à financer les Petites et Moyennes Entreprises (PMEs) afin de dynamiser les tissus productifs locaux, la nouvelle dynamique collaborative de l’économie a conduit à l’émergence de nouveaux canaux pour la levée de fond et donc pour l’accroissement du développement financier. C’est l’émergence de la finance participative appelée communément « crowdfunding ».

Né aux Etats-Unis au cours des années 2006, le financement participatif ou mode de financement par la foule ou encore « crowdfunding », est un nouveau mode de financement via le Web2.0. Le « crowdfunding » est une forme d’uberisation de la finance c’est-à-dire une remise en cause du monopole des banques pour la collecte des fonds en incitant les demandeurs de fonds de les obtenir directement du public. C’est un mécanisme de financement de projets permettant de collecter des sommes (parfois très petites) d’un très grand nombre de personnes via une plateforme numérique.

I.2. Caractéristiques du « crowdfunding »

Le crowdfunding limite les intermédiaires financiers et par conséquent les coûts de transaction. En effet, les coûts de transaction (élevés) sont souvent cités comme barrière à l’accès aux services financiers.

Il existe diverses formes de crowdfunding au rang desquels :

Le « donation crowdfunding » où le public est appelé à faire un don à l’entreprise ou au projet (la contrepartie est qu’il ne recevra rien ou quasiment rien en retour)
L’« equity crowdfunding » où le public est appelé à acheter des titres de participation auprès des entreprises dans lesquelles elles investissent (la contrepartie cette fois ci c’est que l’investisseur devient actionnaire soit co-propriétaire de l’entreprise dans laquelle il a investi)
Le « royalties crowdfunding » où le public est appelé à investir dans le projet ou la PME avec une contrepartie prédéfinie à l’avance autre que le titre de participation. (Les contreparties sont souvent des biens ou des services de l’entreprise : on parle alors de prévente ; ou encore un pourcentage des ventes sur un produit)
Enfin le « crowdlending« où le public est appelé à prêter de l’argent au porteur de projet ou à la PME et en contrepartie il se verra rembourser son investissement avec ou sans intérêts.

I.3. Faits stylisés sur le « crowdfunding »

Au niveau international, d’après une étude menée par CrowdSourcing.org, en avril 2012, il existait déjà plus de 450 plateformes de financement participatif (536 plateformes en décembre 2012) pour 2,7 milliards de dollars investis (plus de 5 milliards recensé en 2013)[2]. Ce marché aurait dépassé le cap des 10 milliards de dollars en 2014. Ce mode de financement très actif dans les pays développés commence à être présent en Afrique notamment en Afrique du Sud, au Kenya, au Maroc et au Cameroun, pays comptant le plus grand nombre de projets financés via les applications numériques du Web2.0.

Parlant du Cameroun, il existe la plateforme (en crowdlending) GUANXI-INVEST[3] dont la mission principale est de démocratiser l’investissement en Afrique Centrale en particulier et en Afrique en général. Co-fondée par deux étudiants camerounais, Cédric NGONDI et Yves NKOME, cette plateforme se veut la référence du domaine dans la sous-région. Ils ont fait un partenariat pour faciliter ce nouveau mode de financement en Afrique Centrale avec une entreprise privée en Éducation financière notamment POLA CAPITAL.

Cependant, il est désormais possible de nos jours d’investir dans un projet sans argent. Comment ? Juste en donnant de son TEMPS (et de son expertise).

II. LE « RENOUVEAU » DU CROWDFUNDING : LE TIMEFUNDING

II.1. Généralités sur le timefunding

On attribue la paternité du timefunding à Elodie HUGHES et Pierre-Yves LARVOR[4] qui à force de répondre à des demandes de Start-Up en phase de lancement, ont pensé à une solution de financement alternative : le TimeFunding.

La philosophie du timefunding est simple. Le TimeFunding offre la possibilité à chacun d’entre nous, fort de son expérience, d’investir son temps dans de jeunes start-up pour en accompagner la croissance. Il permet aux Start-Up de bénéficier d’expertises maintenant et de les rémunérer plus tard. Le TimeFunding est une première étape vers la collaboration, la prise de participation au capital, voire l’association opérationnelle dans une jeune entreprise.

II.2. Caractéristiques du timefunding

Le plus important c’est que le timefunding concerne tout le monde : Retraités, jeunes diplômés, chômeurs, auto-entrepreneurs, parents au foyer, conjoints d’expatriés, salariés à temps partiel, etc. Les positions les plus recherchées par les entreprises sont : Ressources humaines, comptabilité, marketing, développement commercial, stratégie, gestion de projet, etc.

En termes de risques, la situation financière de la startup, la relation de travail peut mal se passer et s’arrêter, mais les engagements financiers sont en ce cas, tenus. Ou bien la startup peut rencontrer des difficultés et ne pas être en mesure d’honorer le remboursement du temps prêté et c’est le risque de ce type d’investissements. Cependant, le risque ressenti est beaucoup plus important lorsqu’on place de l’argent que lorsqu’on prête de son temps.

II.3. Faits stylisés sur le timefunding

De nos jours il n’est pas encore possible d’avoir une base donnée sur les projets financés par le timefunding. Cependant, on estime à près de 50 millions d’euros le montant de cette activité d’ici la fin 2017 pour la France.

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