LES BANQUES ET LES ÉTABLISSEMENTS DE MICROFINANCE DOIVENT S’INSPIRER DES TONTINES EN AFRIQUE

La tontine peut s’entendre comme étant un mécanisme informel de collecte d’épargne et/ou d’octroi de prêts. La tontine, comme l’innovation financière, peut être interprétée comme une réaction aux contraintes – inadéquation et dysfonctionnement des systèmes financiers formels face aux exigences du développement – qui pèsent sur les populations. En d’autres termes, le succès des associations tontinières s’expliquerait par les blocages ou les limites de la finance institutionnelle, à pouvoir financer l’activité économique. La tontine serait alors un moyen de contourner les contraintes posées par les institutions de financement formelles (par exemple: les coûts d’adhésion et d’utilisation des services).

L’objectif de ce papier n’est pas de s’intéresser aux banques ou aux établissements de microfinance, mais de voir dans quelle mesure ces dernières peuvent s’inscrire à l’école des tontines financières.

Dans la plupart des pays en développement en général et au Cameroun en particulier, une grande partie de la population est exclue du circuit de financement formel – caractérisé par la très célèbre équation d’équilibre général Walrasienne qui conclut que c’est l’épargne qui détermine le montant de l’investissement. Cette difficulté d’accès au financement occasionne de fait une forte instabilité dans les activités de ces dernières.

De plus, les promoteurs de PME ont généralement besoin de microcrédits, lesquels ont des coûts de gestion et de représentation qui ne sont pas nécessairement profitables pour les institutions de financement formelles.

Cette situation a conduit à légitimer le rôle dorénavant crucial des réseaux d’accès au financement non institutionnalisés ou informels, pour ceux des populations à situation précaire, appelés aujourd’hui, à tort ou à raison « prêts personnels » ; dont la tontine représente un des pans les plus importants. Cette « supériorité » des tontines par rapport aux banques et établissements de microfinance tient à la fois au fait que ces dernières sont enracinées dans les cultures locales et qu’elles sont capables de se moderniser, de faire preuve de flexibilité et ainsi, de s’adapter pour répondre aux besoins des membres cotisants. 

En faisant abstraction des similitudes – offre des services bancaires tels que les dépôts et prêts analogues à ceux des banques – qui pourraient exister entre l’activité des banques et celle des tontines, il faut constater qu’au-delà du faible coût de gestion d’une tontine, de la facilité d’adhésion et d’un coût de participation zéro, les procédures pour effectuer une opération de dépôt ou de prêt notamment, sont simplifiées et généralement très rapides car les tontines sont établies sur des relations personnelles excluant gages ou nantissements de toute sorte. Par ailleurs, le mécanisme de fonctionnement de la tontine lui garantit une très forte probabilité de recouvrer les sommes empruntées, ceci même en l’absence de contraintes légales. Ceci trouve son explication dans le fait que les participants à une tontine sont noués de contraintes sociales et morales, qui font que l’individu qui ne fait pas face à ses obligations, s’exclut socialement.

La particularité des tontines financières réside dans une légendaire solidarité, qui elle même serait le fait d’une personnalisation forte des relations entre les participants. Il se crée de fait une dynamique de réciprocité à mesure de garantir que ce que chacun dépose aujourd’hui sera compensé par ce que les autres lui déposeront demain. Les raisons du succès de la finance informelle tiennent dans sa flexibilité et les liens qu’elle noue avec les structures sociales et l’univers culturel des économies sous-développées, principalement. À cela, peuvent se greffer les raisons suivantes : le communautarisme, l’épargne forcée, le faible risque de non remboursement, les faibles coûts de gestion, la simplicité, la transparence des procédures, l’adaptabilité, etc. Pour comprendre cette logique de financement informel, il faut sortir de tout cadre normatif de rationalité des pratiques de financement, pour l’analyser du point de vue de l’économie informelle.

En somme, parce qu’elles sont simples, capables de flexibilité et d’adaptation permanente, les tontines représentent un véritable foyer d’innovations financières au sens large. Modernes, elles constituent un domaine privilégié de l’innovation financière en Afrique.

Téléchargez l’article complet ICI

 

PhotoGrid

Auteur:  Brian Arnold TAMBA TAKAM, Expert-Consultant
Montage et Analyse des Demandes de Crédit - APME CAMEROUN et DESJARDINS-CANADA

 

 

Un commentaire sur “LES BANQUES ET LES ÉTABLISSEMENTS DE MICROFINANCE DOIVENT S’INSPIRER DES TONTINES EN AFRIQUE

  1. Très belle article !!!
    Félicitations 🎊 !!!
    Mais beaucoup de terme un peu trop technique pour les profanes comme nous !!!
    Bien à vous cordialement !!!

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s