Quelles conséquences économiques du coronavirus en Afrique?

Cet note s’inscrit dans la mission et la vision de notre projet : mettre l’éducation économique et financière au service de la transformation économique du continent africain.

Comme nous le savons tous, la pandémie de coronavirus a plongé les économies du monde dans une incertitude totale. Les activités économiques de toutes formes ont été ralenties pour certaines, et stoppées chez d’autres afin de limiter la propagation du virus.

Le Policy Center for the New South à Rabat, a estimé que l’impact de la pandémie (Covid-19) impose une mise à jour des prévisions pour le continent. Initialement, ces prévisions tablaient sur une reprise de la croissance en Afrique avec un taux de plus de 3,8%. Dans certaines sous-régions, ce niveau est plus important, avec 5,9% au Sahel et 4,5% en Afrique du Nord.

Aujourd’hui, il est nécessaire de prendre en compte une série de paramètres induits par la propagation du Covid-19. En tête, la volatilité des cours des matières premières, la plus haute depuis la crise financière mondiale. Idem pour les cours du pétrole qui sont revenus à un niveau autour de 30 dollars le baril.

Les économistes pensent que l’impact du coronavirus sur l’Afrique devra se traduire à la fois par un choc de l’offre et un choc de la demande, ainsi que par une crise de confiance, cristallisée par la chute des cours boursiers, dans un contexte où la valorisation des actifs n’est pas en ligne avec les fondamentaux.

Les pays pétroliers figurent parmi les plus exposés à cette crise. Il s’agit notamment de
l’Algérie, de l’Angola, du Nigeria ainsi que des États de la CEMAC. Une 2e catégorie de
pays est également exposée aux effets de cette crise, particulièrement ceux à vocation
touristique. Il s’agit de la Tunisie, de l’Égypte et du Maroc.

Dans d’autres États, l’impact sera ressenti suite à une fuite des investisseurs vers des actifs de qualité. Les pays qui peuvent être touchés par ce phénomène sont essentiellement l’Afrique du Sud, le Kenya, le Ghana et l’Egypte. Au-delà de ces effets transnationaux, l’évolution de l’économie africaine sera également influencée par une série d’enjeux intérieurs.

Il s’agit notamment des transitions politiques que traversent certains pays comme l’Algérie, les menaces sécuritaires dans des régions comme le Sahel, le contexte électoral, avec les scrutins programmés en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo, en plus des risques liés à la montée de l’endettement. Par ailleurs le dilemme auquel font face les États africains face aux impératifs du contrôle du niveau de la dette d’un côté, et des besoins de financement de l’investissement de l’autre restent présent.

En 2018, le continent a enregistré une hausse de la dette publique, considérée comme la plus importante depuis 2010. «L’endettement public s’est élevé à 1.330 milliards de dollars en 2018, soit 60% du PIB, contre 35% du PIB en 2010», a souligné Cécile Valadier, directrice adjointe du département diagnostics économiques et politiques publiques à l’AFD (agence française de développement). Les taux les plus importants sont enregistrés en Afrique du Nord, avec 76%, et en Afrique australe, avec 69%.

Parmi les aspects qui ont interpellé les économistes de l’AFD, «la substitution des créanciers traditionnels, par ceux des pays émergents, particulièrement la Chine», selon Cécile Valadier. L’une des principales conséquences: «la hausse du coût des emprunts et la détérioration globale de la viabilité de la dette».

En 2018, 19 pays africains ont été classés en risque élevé de surendettement, contre 7 en 2010. L’année dernière, 16 pays du continent étaient considérés en situation de risque modéré de surendettement et 4 pays en risque faible. D’où l’importance pour les États africains de s’assurer que les investissements permettent de garantir le remboursement des dettes contractées.

Par ailleurs avant que le vent de panique lié à la propagation du Covid-19 ne souffle sur les différentes régions du monde, les économies africaines avaient commencé à reprendre des couleurs. Depuis 2016, nous constatons une reprise de la croissance, avec un taux de 3,2% en 2019, quasi similaire à celui de 2018, qui était de 3,4%. Pour certains économistes, les difficultés des grandes économies africaines, qui représentent 65% du PIB, masquent un dynamisme quasi général au niveau du continent.

Au moment où 4 puissances africaines sont en difficulté, notamment l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria et l’Angola, 20 États du continent affichent des taux de croissance supérieurs à 5% en 2019. Au niveau des sous- régions, l’Afrique du Nord retrouve ses performances pré-Printemps arabe, notamment avec une reprise de l’Egypte. Par contre, cette accélération peine à masquer les difficultés d’autres États comme la Tunisie et l’Algérie, qui sont dans une situation tendue. Le Maroc, quant à lui, connaît une croissance plus faible que le niveau d’avant 2011.

 

Sans titre(3)

Auteur: Choutedjem Hippolyte

Un commentaire sur “Quelles conséquences économiques du coronavirus en Afrique?

  1. Merci beaucoup Ulrich c’est super !!! Tu es un vrai ami ! Agréable après midi !

    Hippolyte Patrice CHOUTEDJEM PhD Student en Économie Monétaire et Bancaire Financial Officer at GIBUS P.O.Box: 9129 Douala-Cameroon

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